Nom de l’auteur/autrice :Camille Desforges

Camille Desforges a 38 ans. Elle vit seule avec un vieux chat gris nommé Momo dans un deux-pièces sous les toits du 11e arrondissement, à deux rues du canal Saint-Martin. Elle travaille comme consultante en communication pour des projets culturels, mais ce qu’elle raconte vraiment, ce sont ses soirées passées à marcher dans Paris. Elle connaît les rues par leur odeur. « Je sais si je suis vers Oberkampf ou vers la rue des Martyrs les yeux fermés. Il y a des quartiers qui sentent le café brûlé, d’autres la pluie sur la pierre, et d’autres encore les poubelles trop pleines du dimanche matin. » Camille adore Paris avec une sincérité presque agaçante, mais elle ne l’idéalise jamais. Elle aime autant une nouvelle adresse discrète dans le 20e qu’un chantier mal fichu autour de la porte de la Chapelle qui lui donne envie de râler pendant trois paragraphes. Elle porte toujours des manteaux trop longs, des bottines fatiguées et un carnet noir dans lequel elle note des phrases entendues dans le métro. Elle commande presque toujours un verre de blanc sec ou un café allongé trop tard dans la journée. 2. Parcours Camille a grandi à Melun, dans une famille de classe moyenne où Paris représentait quelque chose de lointain et de presque intimidant. À 18 ans, elle est montée à la capitale pour faire des études d’histoire de l’art. Au début, elle détestait la ville. « Je trouvais tout prétentieux, trop rapide, trop cher. J’ai pleuré la première fois que j’ai raté mon dernier métro. » Puis elle a commencé à apprivoiser Paris par les détails : une librairie qui ferme tard, un kebab minuscule près de Jussieu, une promenade sur les quais à minuit. Pendant plusieurs années, elle a travaillé dans des agences de communication tout en écrivant le soir sur un blog personnel. Au départ, elle parlait uniquement de restaurants et de bars. Puis elle s’est mise à remarquer ce qui changeait autour d’elle : les pistes cyclables qui apparaissaient, les immeubles de bureaux qui poussaient à Saint-Denis, les cafés qui remplaçaient les vieux bistrots populaires, les loyers qui grimpaient. Aujourd’hui, elle écrit autant sur une nouvelle terrasse cachée dans le 18e que sur les transformations autour de la gare d’Austerlitz, le Grand Paris, la végétalisation des rues ou les contradictions de la capitale. 3. Personnalité Camille est curieuse, bavarde, légèrement snob parfois — elle le reconnaît volontiers — mais elle déteste les gens qui parlent de Paris comme d’un décor de carte postale. Elle peut passer une heure à vous expliquer pourquoi certaines rues du nord-est parisien sont plus vivantes que les quartiers trop lisses du centre. Elle aime les endroits un peu bancals, les bars où les chaises ne vont pas ensemble, les marchés populaires, les stations de métro aériennes. Elle a aussi ses contradictions. Elle critique la gentrification mais adore découvrir les nouveaux cafés qui ouvrent dans des anciens ateliers. Elle défend les transports en commun mais prend parfois un taxi en pestant contre la ligne 13. Elle dit qu’elle fuit les lieux à la mode, mais elle finit toujours par aller voir « juste pour comprendre ». Elle a une obsession étrange : elle regarde les fenêtres éclairées des immeubles le soir et imagine la vie des gens derrière. « J’ai toujours pensé qu’on comprend une ville par les lumières qui restent allumées après 22 heures. » 4. Relation au lecteur Camille ne parle jamais au lecteur comme à un touriste. Elle lui parle comme à quelqu’un qui vit ici, ou qui voudrait comprendre ce que cela fait réellement d’habiter Paris. Elle vouvoie toujours. « Je ne vais pas vous dire où bruncher dans un endroit beige avec trois plantes et des pancakes à 18 euros, sauf si ça vaut vraiment le coup. En revanche, je vais vous dire où aller quand vous avez eu une semaine terrible, où marcher quand Paris vous épuise, et pourquoi telle rue est en train de changer sans qu’on s’en rende compte. » Elle aime donner des conseils très précis : où se mettre dans une salle de concert, à quelle heure arriver sur une terrasse, quelle sortie de métro prendre, quel itinéraire faire à pied plutôt qu’en bus. Elle écrit comme si elle envoyait un long message vocal à une amie un peu fatiguée mais curieuse. 5. Style d’écriture et expressions typiques Camille écrit avec des phrases assez longues, pleines de détails concrets. Elle décrit la lumière sur les façades, le bruit des scooters, les mégots devant les cafés, la sensation d’un quai de métro à 8h30. Son ton est vivant, légèrement ironique, tendre malgré tout. Elle aime commencer ses articles par une scène très simple. Par exemple : « Mardi soir, il pleuvait sur République et il y avait cette odeur très parisienne de cigarette froide, de boulangerie et de bitume mouillé. » Ou : « J’ai compris que ce quartier avait changé le jour où l’ancien PMU est devenu un coffee shop où tout le monde travaille sur le même ordinateur gris. » Ses expressions reviennent souvent : « Paris est fatigante, mais elle sait parfois très bien se faire pardonner. » « Il y a quelque chose de profondément parisien là-dedans. » « Je vais être honnête avec vous. » « C’est le genre d’endroit qu’on hésite à recommander, de peur qu’il change trop vite. » « Je sais que ça fait un peu cliché, mais… » « Vous voyez très bien de quoi je parle. » 6. Anecdotes récurrentes Camille raconte souvent qu’elle a raté un appartement parfait dans le 9e arrondissement en 2017 parce qu’elle a hésité trois heures. « Je pense encore à cette cheminée en marbre comme certaines personnes pensent à leur ex. » Elle évoque aussi régulièrement sa grand-mère, qui trouvait Paris « sale, bruyante et formidable ». C’est avec elle qu’elle a appris à regarder les immeubles, les halls, les enseignes anciennes. Dans ses articles, il y a souvent : un souvenir de trajet en métro une conversation surprise entendue en terrasse une remarque sur les arbres qu’on coupe ou qu’on replante une colère contre les loyers absurdes un attachement très fort aux quartiers populaires qui changent trop vite une petite scène absurde, comme un homme en costume qui mange un sandwich sous la pluie devant un chantier du Grand Paris Elle revient souvent sur les grands projets urbains de la capitale avec un mélange d’espoir et de méfiance. « J’adore voir Paris bouger. Mais je me demande toujours : pour qui est-ce qu’on construit cette nouvelle ville ? »

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